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Par : F. Benlarbi

Le concept de développement durable n’est pas nouveau alors qu’on le présente comme une nouveauté dans le monde du management de l’économie. La définition « officielle » du développement durable a été développée pour la première fois dans le rapport Bruntland en 1987, issu de la première commission mondiale sur l’environnement et le développement de l’ONU.

Le concept de développement durable n’est pas nouveau alors qu’on le présente comme une nouveauté dans le monde du management de l’économie. La définition « officielle » du développement durable a été développée pour la première fois dans le rapport Bruntland en 1987, issu de la première commission mondiale sur l’environnement et le développement de l’ONU. Mais les origines de ce concept sont intrinsèquement liées au développement de la société industrielle. À partir du 19eme siècle, les sociétés occidentales se rendent compte de l’impact de leurs activités industrielles sur l’environnement et sur l’équilibre social.

Les crises économiques et écologiques qui ont secoué la planète ont développé une prise de conscience de la responsabilité de l’homme face aux défis environnementaux, aux questions de l’équité et de la justice sociale, du développement économique, de plus en plus à la recherche de nouveaux modèles. Les entreprises réfléchissent de plus en plus à des manières d’intégrer le développement durable dans leurs activités. C’est ce que l’on appelle, aujourd’hui, la RSE ou Responsabilité Sociale des Entreprises. La RSE est la traduction de la volonté des entreprises de s’intégrer et d’être des moteurs de la transition écologique, économique et sociale.

La prise en compte internationale du développement durable

Avant d’arriver là , les premiers penseurs de l’écologie vont émerger dés la fin du 19eme siècle mais leurs idées prendront racine qu’au cours du 20 eme siècle : Citons en 1951 , le premier rapport de l’UICN sur l’environnement dans le monde ; en 1963 la publication de « The Silent Spring », qui dénonce les conséquences de la pollution ; en 1965 le première conférence de l’UNESCO sur la biosphère ; 1968-72 , la fondation du Club de Rome et la publication de son premier rapport « Les limites de la croissance ». Un mouvement de plus en plus international se met en place pour dénoncer les dérives de la société de consommation, de l’industrie et de l’économie internationale. Les représentants de ce mouvement sont notamment les altermondialistes, les écologistes, les tiers-mondistes…Face à la multiplication des catastrophes écologiques et sociales, des individus et des citoyens internationaux , des institutions et associations réclament la prise en compte de l’environnement et de la justice sociale par les gouvernements : Citons en 1972 , le premier Sommet de la Terre à Stockholm ; en 1987 la Commission Mondiale sur l’Environnement et le Développement de l’ONU et la publication du Rapport Brundtland sur le développement durable ; en 1982 , le deuxième Sommet de la Terre à Nairobi suivi dix ans plus tard par le Sommet de la Terre à Rio ; 2012 le Sommet de la Terre Rio +20… En 1983, l’idée est de trouver un moyen de concilier le développement économique et le développement des marchés avec la préoccupation écologique et sociale. L’ONU vote donc une résolution constituant la Commission afin de travailler sur cette question. Quatre ans plus tard, la commission publie son rapport, intitulé « Notre Avenir à Tous (Our Common Future) ». C’est la première fois que le terme développement durable est officiellement utilisé par une institution internationale. À l’origine, le développement durable est un développement qui respecte à la fois les besoins économiques, les besoins sociaux et l’environnement. Mais au fur et à mesure du développement de ce concept, d’autres dimensions s’y sont ajoutées : En particulier l’échelle géographique ou territoriale. Aujourd’hui, les sociétés abordent l’efficacité économique qui vise à produire des biens de consommation et à répartir les richesses de cette production de manière équitable, durable, avec le souci de la protection de l’environnement et du renouvellement des ressources consommées ainsi que de la protection des hommes et des femmes qui y travaillent. Une économie solidaire et responsable a pour objectif de favoriser une gestion optimale de toutes les ressources : Humaines, naturelles et financières. Elle responsabilise les entreprises, ses parties prenantes, les consommateurs, sur les enjeux et les objectifs du développement durable. Elle aura pour finalité la satisfaction des besoins essentiels des hommes et leur bien-être, à travers une démarche de production et de consommation éthique et responsable. Les entreprises peuvent contribuer au développement durable en garantissant la protection de l’environnement et leur responsabilité sociale, ainsi qu’en veillant aux intérêts des consommateurs, tout en renforçant leur développement économique et en accroissant leur compétitivité. Le développement durable ne se réduit pas à la protection de l’environnement ! Le développement durable doit être à la fois économiquement efficace, socialement équitable et écologiquement tolérable. Le social doit être un objectif, l’économie un moyen et l’environnement une condition. En effet, le développement durable est fondé sur trois piliers, trois composantes interdépendantes : La dimension environnementale, la dimension sociale et la dimension économique. Et il est durable, s’il est conçu de manière à en assurer la pérennité du bénéfice pour les générations futures.

1er défi : la dimension environnementale

Le constat de rareté et de finitude des ressources naturelles se traduit par la nécessité de protéger ces grands équilibres écologiques pour préserver nos sociétés et la vie sur Terre. Les thématiques des principaux enjeux environnementaux ont été identifiées et longuement étudiées : Économiser et préserver les ressources naturelles ; Protéger la biodiversité, c’est-à-dire maintenir la variété des espèces animales et végétales pour préserver les écosystèmes ; Éviter les émissions de CO2 pour lutter contre le changement climatique ; Gérer et valoriser les déchets.

2ème défi : Favoriser la cohésion sociale

C’est la capacité de notre société à assurer le bien-être de tous ses citoyens. Ce bien-être se traduit par la possibilité pour tout un chacun, d’accéder, quel que soit son niveau de vie, aux besoins essentiels : alimentation, logement, santé, accès égal au travail, sécurité, éducation, droits de l’homme, culture et patrimoine, etc. Parmi les principaux enjeux sociaux, les thématiques suivantes ont été identifiées : Lutter contre l’exclusion et les discriminations, c’est-à-dire respecter et protéger les personnes les plus faibles (en situation de handicap, âgées, minoritaires…), donner l’accès aux droits sociaux pour tous : Favoriser la solidarité ; Contribuer au bien-être ; Valoriser les territoires.

3ème défi : Promouvoir une économie responsable

Il s’agit de concilier la viabilité d’un projet, d’une organisation (performance économique) avec des principes éthiques, tels que la protection de l’environnement et la préservation du lien social. Selon ce système, le prix des biens et services doit refléter le coût environnemental et social de l’ensemble de leur cycle de vie, c’est-à-dire de l’extraction des ressources à la valorisation, en tenant compte de la fabrication, de la distribution et de l’utilisation. Les enjeux d’une économie responsable sont nombreux, souvent liés à l’un des deux autres piliers du développement durable, l’environnement et le social, voir aux deux : Développer des pratiques commerciales innovantes et éthiques pour mieux répartir les bénéfices et les richesses (Ex : le commerce équitable, le microcrédit…) ; Répartir les richesses et les bénéfices de façon plus juste ; Intégrer le coût social et environnemental dans le prix des produits ; Chercher à développer le tissu économique local ; Faire appel à des méthodes alternatives ( Économie circulaire : réduire, récupérer, recycler, réparer au lieu de produire) ; Économie de la fonctionnalité ( payer pour un service ou pour l’usage d’un bien au lieu du bien lui-même ) ; Économie du partage, dont le principe repose sur la mutualisation des ressources (compétences, temps, argent, biens) à travers de nouvelles formes d’échanges entre particuliers (partage, troc, échange, location) ainsi que les nouveaux styles de vie collaboratifs (crowdfunding, coworking, colunching …).

La remise en cause de la définition

La définition du développement durable prend également de plus en plus souvent une dimension politique (quel système permet la meilleure liberté politique ?) ainsi qu’une dimension éthique et morale. Pour certains penseurs, la notion de développement durable est en elle-même biaisée parce qu’elle se base sur le concept de « développement », lui même sujet à caution. Par exemple, la notion de développement est une croyance occidentale car lorsque l’on parle de « développement » (comme lorsqu’on évoque les « pays en développement »), on part du principe que la société occidentale, société de consommation, société étatique, industrielle et politique est la forme de société vers laquelle il faut tendre. Or il existe d’autres formes de développement dans le monde par exemple des sociétés agraires basées sur une agriculture vivrière…Il existe d’autres formes de vie que celles établies par la société capitaliste occidentale. D’autres penseurs remettent également en cause la notion de développement durable, dans le sens où celle-ci est souvent associée à la croissance économique. En effet, la définition du développement durable comprend une dimension de développement (de croissance) économique. Pour eux, la croissance économique ne peut pas en soit être un phénomène durable. En effet, comment peut-on espérer une croissance durable (donc infinie) dans un monde où les ressources ne sont pas illimitées ? Aussi, les principes du développement durable doivent désormais devenir des principes de vie et d’action. Les entreprises doivent gérer leurs productions en fonction des principes du développement durable, afin d’améliorer leur impact sur la planète, sur l’économie et sur la société. Mais c’est aussi le cas des institutions publiques et de tous les autres acteurs. Et pour nous humains, la traduction du développement durable en action, c’est la consommation responsable. On prend de plus en plus conscience de l’impact de notre consommation quotidienne, à la fois sur la planète, sur l’économie et sur la société, mais aussi sur notre santé. De ce fait, les médias, les consommateurs, les entreprises parlent de plus en plus de la « consommation responsable ». Mais qu’est-ce que la consommation responsable ? Pourquoi et comment consommer de façon responsable ? La consommation responsable, c’est un mode de consommation qui prend en compte les critères du développement durable, c’est-à-dire une consommation qui soit à la fois respectueuse de l’environnement, bénéfique pour l’économie (notamment locale), bonne pour la santé, mais aussi positive pour la société. À ce niveau, il faut entamer un autre débat entre consommation responsable et consommation durable.

L’efficacité économique : un des enjeux du développement durable

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